
23 juin 2026 | Union Franco-belge, Dammarie-les-Lys, BIA
À la suite du vote de l’assemblée générale de la Fédération des Églises adventistes du Sud relatif à la consécration pastorale des femmes
L’Union Franco-Belge prend acte du vote exprimé lors de l’assemblée générale de la Fédération des Églises adventistes du Sud, réunie à Arles du 13 au 16 mai 2026, en faveur de la consécration pastorale des femmes sur son territoire. Nous prenons au sérieux le message clair envoyé par une large majorité des délégués. Ce vote exprime une aspiration réelle et que nous partageons : voir nos sœurs bénéficier d’une reconnaissance ministérielle pleine et entière, à la mesure de leur appel et des fruits de leur service. Disons-le sans ambiguïté : sur notre territoire, ce ministère n’attend la validation de personne pour être réel. Les femmes pasteures y prêchent, baptisent, président la sainte cène, accompagnent les âmes et conduisent les communautés, à parité de responsabilités et de traitement avec leurs frères.
C’est précisément parce que nous portons cette cause que nous devons dire pourquoi la voie choisie nous questionne. Une conviction juste ne dispense pas d’une méthode juste. Selon les textes qui régissent notre vie ecclésiale, statuts, Working Policy, Manuel d’Église, Règlements, une assemblée de fédération (ou d’union) ne saurait, à elle seule, trancher normativement ce qui relève de l’Église mondiale réunie en session de la Conférence générale. Ces règles ne sont pas des formalités : elles forment le cadre commun qui protège notre unité et garantit la légitimité de nos décisions.
Faire fi de ce cadre, fût-ce au nom d’une cause que nous estimons juste, ouvre une brèche qui ne s’ouvre jamais dans un seul sens. Le jour où un territoire s’autorise à décider seul de ce qui engage le corps entier, rien n’empêche plus un autre de proscrire demain, par le même geste, ce que celui-ci aura voulu établir aujourd’hui. Ce qui paraît servir une avancée pourrait, à d’autres moments, devenir l’instrument d’un recul. Les règles ecclésial ne sont pas l’adversaire de la justice : elles en sont le rempart. L’expérience le confirme, puisque sur des territoires proches du nôtre, des consécrations décidées localement ont ensuite été contestées ou invalidées, au gré d’un changement d’administration ou de frontière. Nos sœurs méritent mieux qu’un statut révocable : une reconnaissance que nul ne pourra leur reprendre.
L’Église primitive a connu cette tension. Lorsque la mission auprès des nations bouleversa les cadres hérités, Antioche n’agit pas seule contre Jérusalem : elle porta la question devant l’Église réunie, dans la prière et le discernement commun, jusqu’à pouvoir écrire ces mots admirables, « il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Actes 15.28). La fidélité à l’Évangile et l’unité de l’Église ne s’opposent pas ; elles se tiennent ensemble. Tel est notre vœu : que ce sujet soit porté, d’une voix forte et sans ambiguïté, jusqu’à la Conférence générale en assemblée plénière, afin que la décision, une fois prise, porte le poids de toute l’Église et devienne pérenne.
Que cette attente ne soit jamais confondue avec la résignation. Elle est active mais respectueuse de ce qui fait de nous une seule Église de près de vingt-quatre millions de membres. Le chemin déjà parcouru en témoigne : les femmes y exercent les responsabilités de trésorières, de secrétaires exécutives, de directrices de département, jusqu’à celle de vice-présidente de la Conférence générale. Une Église qui leur confie déjà tant de hautes charges ne peut différer plus longtemps la reconnaissance complète de leur ministère pastoral.
Nous appelons donc à une double fidélité, indissociable : fidélité à la justice de l’appel que Dieu adresse aux femmes qu’il équipe pour le ministère, et fidélité à l’unité visible de l’Église, qui veut que les décisions engageant le corps entier soient prises selon les règles librement reçues. Nous ne renonçons pas à l’objectif ; nous refusons seulement une méthode qui fragiliserait ce qu’elle cherche à obtenir. Que nul, parmi nous, n’oppose les femmes pasteures à l’unité de l’Église, ni l’unité de l’Église à la reconnaissance des femmes pasteures. Notre responsabilité est de tenir ensemble ces deux exigences : avancer avec courage, et avancer ensemble.
« Que tous soient un, afin que le monde croie » (Jean 17.21). Dans cette fidélité commune, l’Union Franco-Belge continuera de soutenir ses pasteures, de défendre leur pleine reconnaissance et de porter cette conviction auprès des instances compétentes de l’Église mondiale. Que le Seigneur nous accorde la sagesse de discerner, le courage de parler, et l’humilité de marcher ensemble.
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Rédacteur en chef et éditeur
