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ÉDUCATION ET AUTORITÉ

By 11 janvier 2020septembre 30th, 2020No Comments

Réflexions d’un homme de terrain

Entre Maxime, 15 ans, et Serge, son père, rien ne va plus. Chaque fois que Serge demande quelque chose à son fils, celui-ci s’énerve et manifeste son opposition. Tout devient source de conflits : l’utilisation du smartphone ou d’Internet, les devoirs scolaires, les tâches domestiques, l’argent de poche, les sorties, les fréquentations, les vêtements, etc. L’autre jour, Serge a demandé calmement à Maxime, qui se préparait visiblement à sortir, de lui dire où il comptait se rendre. Maxime, après avoir fait la sourde oreille, s’est finalement précipité vers la porte en bougonnant : « Ça ne regarde que moi ! » Serge, outré, lui a aussitôt rétorqué en criant « Comment ça ? », et au même moment Maxime lui a claqué la porte au nez !

Des scènes comme celle-ci sont malheureusement courantes dans nos maisons, car le fossé intergénérationnel, cette « distance » des pratiques et des valeurs entre les parents et les enfants, se creuse et l’autorité de l’adulte en pâtit. Les enfants et les ados sont prompts à demander toujours plus de privilèges et de liberté, et les aînés ne savent plus trop s’il faut dire oui ou non. D’autant que les valeurs prônées par l’école ou les médias sont parfois rejetées par les parents mais acceptées par leurs enfants. Pas facile d’être père ou mère en ce XXIème siècle qui sera numérique, complexe et subversif, ou ne sera pas !

Du coup, c’est l’autorité parentale, et l’autorité éducative en général, qui bat de l’aile. Les parents sont régulièrement dépassés, les professeurs aussi. La Bible n’a-t-elle rien à dire à ce sujet ? Si, bien sûr, mais comme toujours, de la théorie à la pratique… il y a beaucoup plus qu’un simple pas !

Le roi David a composé le Psaume 18 après que Dieu l’a délivré de ses ennemis. Dieu y est célébré comme un héros qui a réalisé des exploits en faveur de « son fils ». Au verset 36, voici ce que nous lisons : « Tu me donnes le bouclier de ton salut, ta droite me soutient, et je deviens grand par ta bonté ». La Bible catholique Crampon de 1923 traduit : « ta douceur me fait grandir ». Le mot français « autorité » vient du latin « auctoritas » qui désigne la capacité de faire grandir l’autre. Exercer l’autorité sur l’enfant ou le jeune, c’est lui donner les moyens de devenir auteur de sa propre vie. Ces moyens sont au nombre de trois : la protection (le « bouclier » du salut), le soutien émotionnel, intellectuel, matériel et spirituel, et surtout… surtout la douceur. La plupart du temps, c’est du côté de la douceur que parent ou le professeur pèche.

Nous pensons qu’autorité rime avec dureté et sévérité. C’est vrai à l’armée, pas dans l’école ou le foyer. Plus l’éducateur sera dur et sévère, plus l’enfant ou le jeune se durcira et s’opposera à lui. Sous la menace et la contrainte, l’enfant obéira peut-être, mais contre son gré. Or il faut qu’il apprenne dès son plus jeune âge à obéir non parce qu’il est de son devoir d’obéir et de se soumettre, mais parce qu’il a compris que s’il refuse d’obéir, il agit contre ses propres intérêts et se met lui-même en difficulté.

La douceur est une vertu formidable, souvent méconnue. C’est la clé de la véritable autorité, qui est une autorité souple et bienveillante plutôt que rigide et grinçante. La douceur n’est pas de la faiblesse, comme on le suppose encore trop souvent, c’est une force maîtrisée, canalisée et bien gérée. On n’a pas d’autorité si l’on est faible, manipulable et inconstant. Jésus a dit de lui-même : Je suis humble et doux (cf. Mt 11.29), c’est dire qu’il incarnait la véritable autorité : il était fort, courageux, décidé, ferme sur ses principes, et en même temps bon, aimable et courtois. C’est le défi de tout parent et de tout professeur : rester calme en toute circonstance, contenir ses émotions… et rester calme ! « Amertume, irritation, colère, éclats de voix, insultes : faites disparaître tout cela du milieu de vous ! » (Ep 4.31, Semeur). On ne gagne rien à vouloir montrer sa force à l’enfant en multipliant les gestes et les décibels. Un regard franc, quelques mots bien trouvés, une attitude juste, un silence éloquent sont bien souvent beaucoup plus efficaces.

Enfin, certains se demanderont peut-être ce qu’Ellen White, une pionnière du mouvement adventiste, dit au sujet de l’autorité. Voici ma phrase préférée : « Tous peuvent arriver à garder un visage joyeux, une voix douce et des manières affables, qui sont les éléments de l’autorité naturelle » (Le foyer chrétien, § 407.4). A bon entendeur salut ! Cette expression signifie : « celui qui a bien compris (ce qui a été dit) trouvera son salut ». Faut-il rappeler que la Bible n’est pas en reste ? Voici deux versets qui vont dans le même sens : « Ne t’irrite pas, ce serait mal faire » (Ps 37.8) et « L’amour… ne s’irrite pas » (1 Co 13.4-5). Moi qui suis parent de six enfants, je suis bien conscient que la difficulté est grande, très grande, mais Dieu est plus grand que nos difficultés. Ne n’oublions jamais !

PS : Si le sujet vous intéresse, vous pouvez vous inscrire au week-end « Education et Autorité » des 28 et 29 mars 2020. Informations : 01 44 08 77 90.

Matthieu Fury

Pasteur, Directeur des Départements Education et Famille de la FFN

Communications UFB

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