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Entretien avec David Milard : Servir, connecter, innover

3 août 2026 | Dominique Buffon-Rakoto, Revue adventiste, BIA

Dans cet entretien, David Milard, pasteur adventiste et président de l’Union franco-belge depuis septembre 2025, nous partage son parcours et sa vision du ministère dans sa nouvelle fonction administrative.

RA: Quel a été votre parcours avant de devenir président ?

DM : Né en Martinique dans une famille pastorale, j’ai senti vers 14 ans l’appel au ministère, tout en voulant d’abord acquérir une expérience professionnelle. J’ai étudié l’informatique avant de commencer la théologie en 2013 à Collonges-sous-Salève tout en servant, à partir de 2015 comme assistant pastoral à Thonon-les-Bains et Annemasse. J’ai ensuite rejoint la Fédération France Sud en 2018 pour accompagner les Églises d’Aix-en-Provence, Marseille puis Bordeaux.
Passionné de technologie depuis l’enfance, j’ai rapidement mis ces compétences au service de mes églises, notamment pendant le confinement, en produisant des contenus et en maintenant le lien communautaire. Après cinq années de pastorat, j’ai été appelé en 2023 au secrétariat, à la communication et à la liberté religieuse de l’Union franco-belge, puis à présider ADRA France. En 2025, après le départ de Ruben de Abreu, le comité exécutif m’a confié la présidence de l’Union pour la fin de mandature.

RA : Quelles sont les différences majeures entre le rôle de secrétaire et celui de président ?

DM : Le secrétaire garantit le fonctionnement institutionnel : archives, textes institutionnels, cohérence des décisions, préparation et suivi des votes. C’est un travail de précision, de mémoire et de discrétion, au service du président et de l’institution.
Le rôle de président est plus stratégique : rassembler, établir une vision, dialoguer avec les fédérations et la Division, adapter la mission mondiale à notre territoire et faire remonter nos besoins. C’est un rôle de coordination et de représentation.

RA : En tant que président… quelle pensée vous motive le matin ?

DM : Permettre à chacun de trouver sa place et ne jamais oublier que l’église locale reste souveraine. Le leadership, pour moi, n’est pas de décider à la place des autres mais de favoriser le dialogue, comprendre le terrain et bâtir des stratégies à partir des réalités vécues. Ce qui me motive, c’est servir la mission et accompagner nos communautés malgré les défis. Plus nous réussirons à intégrer les dons et les talents de chacun dans la vie de l’Église adventiste, plus notre communauté sera forte : « une Union des possibles et une véritable coalition de volontaires ». 

RA : Innover, connecter… Dieu s’est-il servi de votre parcours ?

DM : J’ai toujours voulu servir Dieu, avec ou sans titre. L’informatique et le travail en tant qu’aide-soignant m’ont donné une maturité et des compétences utiles pour l’Église. L’innovation et la connexion ne sont pas que technologiques : elles concernent nos relations, notre manière de collaborer et de servir l’humain. Tout mon parcours m’a préparé à cela.

RA : Quels sont les projets actuels de l’Union franco-belge ?

DM : Notre vision est de faire de l’Église un phare : non pas convertir tout le monde, mais être visible, utile et engagée dans la société pour que toute personne en quête de spiritualité sache que nous existons et puisse découvrir nos valeurs et cheminer vers Dieu.

J’apprécie cette pensée d’Ellen White affirmant que Dieu suscitera, à la fin des temps, une Église — dont nous croyons faire partie — chargée de préserver et de restaurer, au cœur de la société, le véritable visage du Christ. 

Nous voulons atteindre 2 % de la population pour offrir un contre-discours fondé sur l’Évangile. Cela passe par le numérique, des projets éducatifs adaptés, la mobilisation de la jeunesse, des actions sociales, et une implication renouvelée des laïcs. 

Dans les années 70, les colporteurs Vie & Santé parcouraient toute la France : on comptait alors 70 colporteurs pour 70 pasteurs. L’Église adventiste a toujours voulu avancer avec un pastorat formé, mais aussi avec des membres laïcs engagés dans la mission. Il est essentiel de retrouver cette dynamique et d’offrir à chacun la possibilité de servir. Nous cherchons à accélérer la mission en valorisant les talents de chacun.

RA : Quel message souhaiteriez-vous laisser à nos lecteurs ?

DM : L’adventisme a été fondé non par des experts mais par des personnes sincères qui ont mis leurs dons au service de Dieu. L’Église doit rester un lieu où chacun trouve sa place et contribue. Dieu nous appelle à être force de construction, à oser innover et à mettre nos talents en mouvement. 

Si je ne me sens pas à l’aise dans une église ou dans un mode de fonctionnement, comment puis-je, par la grâce de Dieu, devenir une force de construction ? Dans toutes les fédérations, je vois des personnes qui osent innover — à travers des comédies musicales, des groupes d’évangélisation ou des projets médiatiques. Notre Église regorge de talents, mais chacun attend souvent que quelqu’un d’autre commence. Pourtant, nous ne sommes pas là pour notre confort : nous sommes tous porteurs d’une mission. Demandons-Lui : « Que veux-tu que je fasse pour Ton service ? »

Toute l’interview est à retrouver sur la chaîne YouTube de l’UFBL.

 

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Philippe Leduc

Rédacteur en chef et éditeur

Author Pôle communications

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