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Interview avec Derek Sloan, premier adventiste élu au parlament du Canada

By 28 décembre 2019 No Comments

Photo : Derek Sloan, député récemment élu au Parlement canadien, avec sa famille le 21 octobre 2019. Photo fournie par le Canadian Union Messenger

« ….J’AI D’ABORD PENSÉ TRAVAILLER À LA LIBERTÉ RELIGIEUSE EN TANT QU’AVOCAT »

12 décembre 2019 | Ontario, Canada. | Barry W. Bussey | EUD | BIA-ANN

Le 21 octobre 2019, Derek Nathaniel Sloan a été élu député de la circonscription ontarienne de Hastings-Lennox et Addington du Parti conservateur du Canada. Des amis et des membres de sa famille, dont son épouse, Jennifer et ses enfants, ont entouré Derek lorsqu’il a finalement vu la victoire après une heure et demie d’attente tendue après la fermeture des bureaux de vote. Les premières émotions partagées avec les siens, place maintenant à l’un des nombreuses interviews parmi tant d’autres. Barry W. Bussey, directeur des affaires juridiques au Conseil canadien des œuvres de bienfaisance chrétiennes adventistes, a eu l’opportunité d’interviewer Derek.

Barry Bussey : Derek, Qu’est-ce que cette expérience signifie pour vous maintenant ?

Derek Sloan : Je l’ai évidemment faite parce que je pensais que Dieu me guidait, que Dieu m’avait placé dans la circonscription à un moment opportun et que beaucoup de portes s’ouvraient pour moi. Mais en même temps, le chemin a été long : environ un an et demi de campagne – que ce soit pour l’investiture elle-même – ou en tant que candidat au poste de député. Cela a été un gros investissement tant au niveau du temps qu’émotionnel. Je suis vraiment heureux que cela ait fonctionné jusqu’à présent ; Ma reconnaissance s’exprime envers tous ceux qui m’ont soutenu.

Dans un passé lointain, vous imaginiez-vous en tant que député ?

Non, je n’y ai pas vraiment pensé jusqu’à il y a quelques années. En fait, lorsque j’étais à la faculté de droit, j’ai commencé à prendre conscience de certaines tendances et, au début, j’ai pensé que j’allais travailler dans le domaine de la liberté religieuse comme avocat. J’ai passé un été à l’Église adventiste du septième jour au Canada et, grâce à cette expérience, je fus de plus en plus attiré par la politique, et plus préoccupé par la tendance à l’intolérance envers les gens qui n’ont pas une opinion dominante. Cela inclut les personnes, évidemment, d’obédience religieuse, mais aussi d’autres.

J’ai vu se concrétiser une acceptation politiquement correcte des points de vue dominants sur tant de choses différentes, et ai compris que les personnes qui ne s’intégraient pas étaient systématiquement exclues et victimes de discrimination d’une certaine manière. J’ai estimé que c’était problématique et que ceux qui perpétuaient cet état d’esprit politiquement correct étaient très actifs sur le plan politique. Des gens comme moi (je me considère comme un type moyen) avaient besoin de s’impliquer pour le bien de notre pays. La société, je pense, a besoin de dirigeants qui acceptent un peu mieux le fait que le Canada est un pays diversifié avec des points de vue différents et que c’est un avantage.

Avez-vous eu l’occasion de parler à d’autres députés pour savoir à quoi ressemble la vie d’un député ?

En effet… Mais, seul l’expérience apporte les réponses à toutes les interrogations que l’on peut avoir. Je reste curieux et ouvert sur ce qui se passera… Ce sera un voyage intéressant !

Comment cette expérience a-t-elle été vécue par votre famille ? Y a-t-il eu beaucoup d’incursions dans le temps passé avec votre famille, et qu’avez-vous fait en tant que père chrétien pour y remédier ?

Dès les débuts de la campagne en septembre, j’ai évidemment été très occupé du lever du soleil jusqu’au coucher. Cela m’a éloigné de la famille à cette époque. Je peux dire que nous avons toujours gardé le sabbat tout au long de la campagne et avant, et cela a été un excellent moment pour nous ressourcer et nous réunir.

Vous êtes membre de l’Église adventiste du septième jour ?

Tout à fait !

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Autant que je sache, vous êtes le premier adventiste du septième jour à avoir été élu au Parlement du Canada. Quelle est votre réaction à cette réalité ?

Je pense que le Parlement aurait besoin de quelques adventistes du septième jour. Les adventistes du septième jour, évidemment, ont une longue histoire de travail sur la liberté religieuse. Comme je l’ai appris à la faculté de droit, ils ont de grandes références lorsqu’il s’agit de comparaître devant la Cour suprême du Canada pour pratiquement toute question relative à la liberté religieuse. Ils ont acquis une grande « crédibilité dans la rue » pour les comparutions devant la Cour suprême. Je pense que nous aurions besoin de quelques politiciens pour présenter ce point de vue.

Que diriez-vous aux jeunes chrétiens qui vous admirent ? Recommanderiez-vous la politique comme carrière viable ?

Absolument. Ce n’est plus qu’une simple « carrière ». Je pense que les chrétiens devraient être plus politiques et s’impliquer davantage. Je pense que ce n’est pas forcément le parti qui compte. Je pense que les chrétiens devraient regarder les documents fondateurs des différents partis pour voir quelles philosophies correspondent à leur vision de la société.

Vous pouvez déjà vous impliquer au préalable dans n’importe quel parti au Canada et avoir un impact majeur et une différence majeure sur les politiques qui sont mises en avant. Si vous assistez à des congrès ou à d’autres types de rassemblements organisés par ces partis, vous pouvez être l’une des 1 300 personnes qui votent sur une politique qui sera éventuellement présentée à l’ensemble du pays. Ainsi, prendre part, dès la base, en tant que membre d’un parti est une façon extraordinaire de s’investir, de montrer et marquer sa différence et intervenir sur les sujets cruciaux. Votre vote est important dans ce contexte parce que vous participez à un parti qui peut former le gouvernement ; vous avez littéralement votre mot à dire sur ce que sera leur politique.

Si vous ne faites que voter lors d’une élection générale, les politiques sont déjà en place, la personne locale a déjà été choisie. Or, en tant que membre du parti local, vous pouvez décider d’une part qui va se présenter pour ce parti et d’autres part quelles politiques le parti défendra. C’est à ce niveau que se situe l’enjeu.

Vous entrez au Parlement en tant que député avec un parti qui ne forme pas le gouvernement. Vous serez dans l’opposition. Que pensez-vous être capable de faire ?

C’est une très bonne question. Je vais me battre pour ma circonscription, évidemment. Je pense que ce sera une bonne occasion d’apprendre les ficelles du métier. Être dans l’opposition, c’est moins de pression, pour ainsi dire ; cela vous donne plus de latitude pour apprendre. Un ancien député à qui j’ai parlé m’a dit que c’était un bon endroit pour les débutants pour apprendre les ficelles du métier. C’est donc une bénédiction.

Qu’espérez-vous pour l’avenir ?

J’ai gardé les yeux ouverts sur le leadership de Dieu dans ma vie et je verrai comment cela se concrétisera à Ottawa et comment cela se manifestera au cours des deux prochaines années. Mes options sont ouvertes et je veux m’impliquer le plus possible et travailler de mon mieux dans ma circonscription pour être le meilleur député.

Je vous souhaite à tous le meilleur et le plus grand succès dans votre nouvelle carrière.

Cette interview a été publiée à l’origine dans le Canadian Union Messenger de décembre 2019.

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