Skip to main content

9 octobre 2019 | Roland Meyer – Professeur de théologie systématique | Faculté adventiste de théologie | BIA-ANN

Pourquoi une nouvelle traduction ?

Le lancement de la Bible Nouvelle Français courant a eu lieu le jeudi soir 3 octobre 2019, à la Mairie du 15e arrondissement de Paris. Pourquoi une nouvelle traduction, alors qu’il y en a déjà tellement ?

Le 31 octobre 1873, à propos de la nécessité de traduire les textes bibliques, Louis Segond, le père de la fameuse traduction Segond encore prisée dans les milieux adventistes, écrivait ce qui suit dans l’avant-propos de la première édition de sa traduction de l’Ancien Testament :

« Les Juifs attribuaient à la plupart de ces livres une autorité divine, et leurs docteurs en faisaient le point de départ des enseignements qu’ils donnaient au peuple. Aussi quand la langue hébraïque eut cessé d’être une langue parlée, furent-ils les premiers à éprouver le besoin d’avoir, pour leur usage, des traductions dans les idiomes des peuples au milieu desquels ils vivaient dispersés. »

Roland Meyer, professeur de théologie systématique. Faculté adventiste de théologie, un des membres de l’équipe qui a participé dans les travaux de traduction et révision de cette version de la Bible.

La qualité du texte de Segond vient du fait de son excellente maîtrise des langues bibliques et de la langue française, mais également du fait qu’il n’a utilisé que les manuscrits originaux, hébreux et grecs, les plus anciens connus à son époque. Il a été le premier traducteur de la Bible à travailler de cette manière. Il ne s’est pas appuyé, comme bon nombre de ses prédécesseurs, sur des textes qui étaient déjà des traductions, tels que la Septante, la Vulgate, ou sur des éditions françaises existantes. Cette traduction protestante française, la Bible Segond, révisée à plusieurs reprises, a très rapidement été adoptée par les adventistes du monde francophone. Dès la deuxième moitié du XXe siècle, les traductions ou les révisions des textes ne se font plus par un seul spécialiste, mais par des équipes de biblistes de diverses familles chrétiennes.

L’Alliance biblique française se donne pour mission, depuis 1818, de mettre la Bible à la portée de tous. Actuellement, cette société propose cinq traductions de la Bible : la Bible Segond révisée « Colombe », la Bible en français courant, la Nouvelle Bible Segond, la Bible Parole de Vie et la Traduction œcuménique de la Bible. Une langue évolue rapidement alors que le message biblique reste le même. Il est donc important que ce message soit compris des lectrices et des lecteurs d’aujourd’hui grâce à une bonne traduction.

La Bible en français courant est déjà bien connue depuis sa première parution en 1982 (1971 pour le Nouveau Testament). C’est actuellement une des Bibles en français les plus répandues dans les divers milieux confessionnels. C’est cette version, avec la TOB, qui est utilisée dans les éditions de l’Ancien Testament interlinéaire et du Nouveau Testament interlinéaire. C’est cette version également qui est utilisée dans La Bible expliquée et dans ZeBible. Comme chaque traduction de la Bible, la Bible en français courant se devait d’être révisée non seulement à cause de l’évolution de la langue française, mais aussi à cause des découvertes des spécialistes (archéologues, papyrologues, historiens, exégètes…).

Quatre théologiens adventistes de Collonges parmi les spécialistes

Cet énorme travail a été réalisé en trois ans grâce à un comité de rédaction composé de spécialistes particulièrement compétents : Mesdames Katie Badie, directrice éditoriale des Editions Bibli’O, Valérie Duval-Poujol, bibliste, Roselyne Dupont-Roc, bibliste, et Monsieur Thierry Legrand, historien des religions. Ce comité de rédaction s’est entouré de soixante-dix réviseurs, spécialistes et relecteurs afin de produire un travail scientifique de grande qualité. Pour les textes hébreux et araméens de l’Ancien Testament, cette révision s’est faite à partir des textes originaux de la Biblia Hebraica Stuttgartensia.

Pour les textes grecs du Nouveau Testament, la révision s’est faite à partir des textes originaux du Novum Testamentum Graece (28e édition), et du document The Greek New Testament (5e édition). Les membres de cette équipe interconfessionnelle qui ont travaillé sur la révision des textes, des notes, des introductions et du glossaire ont été choisis en fonction de leurs spécialités. Parmi eux, quatre théologiens adventistes de Collonges, Richard Lehmann, Bernard Sauvagnat, Jean-Claude Verrecchia et moi-même [Roland Meyer] ont eu le plaisir de collaborer à cette noble tâche.

Un texte biblique accessible au plus grand nombre

Le texte de la Bible Nouvelle Français courant (NFC) n’est pas un texte en français familier ou populaire. Les principes de sa traduction s’appuient sur « les découvertes récentes de l’ethnologie, de la linguistique et de la théorie de la communication » (p. xi). Ce travail d’équipe accompli dans « un esprit interconfessionnel et interculturel, pour toute la francophonie » (p. xiv), a pour ambition d’offrir un texte biblique accessible au plus grand nombre. Le sens des mots et leur usage changent selon les époques et il est important de véhiculer à nos contemporains le sens du message que le rédacteur d’autrefois a voulu faire passer.

Par exemple, en Hébreux 12.2 il est dit dans les anciennes traductions : « …Jésus, le chef et le consommateur de la foi ». Comment le lecteur moderne comprend-il les mots chef et consommateur dans ce verset ? Dans le mot grec traduit ici par chef, il y a la notion de commencement ou de principe, quant au mot traduit par consommateur, le terme grec contient l’idée de perfectionnement, d’aboutissement. Ce verset est traduit dans la Nouvelle Français courant par « …Jésus, celui par qui notre foi a commencé, et qui la mène à sa perfection ». Le texte s’éclaire subitement.

Un vocabulaire moins sexiste

Les traducteurs se sont aussi efforcés de tenir compte de la question des genres et ont utilisé un vocabulaire moins sexiste que dans d’autres traductions, comme par exemple en Genèse 1.26. Alors que la plupart des traductions disent : « Faisons l’homme… », la Nouvelle Français courant a choisi de traduire par « Faisons l’être humain ». Le mot hébreu est ‘adam (homme, humain), et ce mot n’est pas réservé à la désignation masculine, mais inclut le mâle et la femelle du verset 27. Il n’y a donc plus d’ambiguïté : les deux, l’homme et la femme, sont bien à l’image et à la ressemblance de Dieu, donc parfaitement égaux.

Un autre exemple : en 1 Corinthiens 14.34, il était dit dans certaines anciennes traductions : « que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ». La Nouvelle Français courant traduit par : « que les femmes gardent le silence dans les assemblées : il ne leur est pas permis d’y bavarder ». Il ne s’agit pas d’une interdiction de parole (voir 1 Corinthiens 11.5 où Paul autorise la femme à prêcher et à prier), mais d’une demande de ne pas bavarder en certaines circonstances, ni d’interrompre la réunion en cours. Paul demande la même chose aux hommes, aux versets 28 et 30 de ce même chapitre.

Adressée à toute culture, à toute confession et à tout âge.

Cette Bible Nouvelle Français courant s’adresse à toute culture, à toute confession et à tout âge. La révision du texte d’après les meilleurs manuscrits, la richesse des notes qui accompagnent le texte et les introductions aux livres donnent toute sa valeur à ce document. Nous en avons tant besoin pour comprendre notre histoire et nous réjouir de la présence de notre Dieu au sein de nos vies actuelles en attendant une vie sans souffrance qui ne s’arrêtera plus jamais.

Communications UFB

Author Communications UFB

More posts by Communications UFB
Share This

Partagez

Partagez avec vos amis