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La musique adventiste dans les Caraïbes

By 29 septembre 2020 No Comments

Le 17 septembre 2020 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Vernon Andrews | DIA

Pour transmettre de manière efficace les enseignements adventistes du septième jour lors des premières décennies de la croissance de l’Église dans les Caraïbes, on a eu recours aux chants et aux hymnes adventistes. La musique ayant toujours été un moyen important de communiquer des idées et des idéologies, les premiers colporteurs et pasteurs ont tous enseigné à leurs premiers contacts intéressés au message les pièces musicales qu’ils avaient apprises de leurs mentors. Les premiers adventistes, qui se voyaient comme un « peuple qui chante », avaient mémorisé de nombreux chants sur leurs croyances, qu’ils partageaient avec les nouveaux convertis.

Au moment de l’arrivée des premiers missionnaires adventistes, divers styles musicaux caribéens avaient déjà été introduits dans la région multiculturelle et multiethnique. Les siècles d’esclavagisme des Africains sur tout le territoire avaient mené au mélange des chants et des rythmes africains avec les influences d’ailleurs, notamment d’Europe. Cette combinaison s’est donc intégrée aux expressions musicales des sociétés caribéennes. Les confessions chrétiennes déjà établies à l’époque suivaient de près les genres musicaux traditionnels de leurs dirigeants. De nombreux chants chrétiens rassemblés dans le livre Christ in Song de Franklin E. Belden, qui présentait également les croyances fondamentales de l’adventisme, ont rapidement été ajoutés aux favoris des adventistes du septième jour des Caraïbes. De plus, les chantres adventistes encourageaient la modification de plusieurs de ces chants et refrains. Ainsi, les missionnaires adventistes de passage commentaient souvent le style que donnaient les assemblées caribéennes à de nombreux chants adventistes.

Dans les Caraïbes, la musique était partie intégrante des programmes scolaires et collégiaux. Certains enseignants créaient des chansons pour décrire l’esprit et l’expérience des écoles. Au Caribbean Training College (CTC) de Trinité, les compositions de Mmes Inez Hamilton et M. E. Smith sont devenues les préférées des élèves. « Mme I. C. Hamilton fut la première auteure-compositrice de chansons du campus. Elle en a composé plusieurs que les premiers élèves chantent encore. Et beaucoup d’entre elles étaient chantées sur le campus et devant des auditoires enchantés lors de journées de visiteurs et de rallye. »1

Les élèves formaient des groupes musicaux et se produisaient devant des assemblées, dans des églises et lors de concerts. Au début des années 1950, le groupe d’hommes du CTC, College Heralds, captivait ses auditoires avec sa propre interprétation de divers chants et airs, comme Negro Spirituals, et donnait des concerts en Barbade. De plus, la directrice musicale du CTC, Mme Frances Archbold, licenciée de la Royal School en interprétation piano, et Mme Lucy Mae Kum, musicienne formée et diplômée du Pacific Union College, encourageaient les étudiants à jouer de la musique adventiste caribéenne. Leur auditoire de partout dans les Caraïbes grandissait en nombre et en reconnaissance.

Enfin, un développement musical plus important dans le domaine de la musique instrumentale s’est produit autour de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à commencer par Trinité, puis se déplaçant dans le reste des Caraïbes et du monde. Il s’agit de la création du steeldrum (« tambour d’acier »), qui a mené à la formation d’orchestres métalliques, ensembles musicaux composés de nombreux tambours d’acier. Cet instrument est d’ailleurs considéré comme « le seul instrument de musique inventé durant le vingtième siècle ».2 Au début, l’orchestre métallique était associé aux festivités carnavalesques. Mais avec le temps et l’évolution de l’instrument, le tambour d’acier a pris de plus en plus d’importance sur la scène des instruments musicaux.

L’Église n’a pas d’abord bien reçu l’utilisation du tambour d’acier comme instrument d’adoration. Puis, au début de 1975, un jeune pasteur stagiaire du nom de Dennis Kadan a eu l’audacieuse idée d’organiser un orchestre métallique composée de jeunes hommes de l’Église adventiste du septième jour de Laventille.

La même année, de nombreux dirigeants de l’Église ont quitté Trinité pour assister à la 53e Session de la Conférence générale des adventistes du septième jour qui se tenait à Dallas, au Texas, du 17 au 26 avril. Et l’orchestre métallique Maranatha a accompagné la délégation. L’orchestre, sous la direction de Dennis Kadan du Caribbean Union College, était parmi les nombreux groupes des États-Unis, du Canada, du Mexique, du Brésil, de la Pologne et de bien d’autres pays à offrir des performances musicales lors de la Session. C’était la première fois qu’un orchestre métallique jouait à la Session mondiale des adventistes du septième jour.3

Les préjugés à l’égard du tambour métallique se sont graduellement estompés. L’orchestre est allé jouer à la Conférence générale en 1980. Les tambours métalliques sont maintenant acceptés comme instruments de musique dans la plupart des îles caribéennes et ailleurs.


Sources

Murray, Eric John. A History of the Seventh-day Adventist Church in Trinidad and Tobago: 1891-1981. Port of Spain, Trinidad: The College Press, 1982.

Phillips, Glenn O. I. The Making of a Christian College: Caribbean Union College: 1927-1977. Port of Spain, Trinidad: The College Press, 1977.

“Steelband.” Trinidad and Tobago Nalis: National Library and Information System Authority. Accessed September 12, 2019. https://www.nalis.gov.tt/Resources/Subject-Guide/Steelband.


Références

  1. Glenn O. I. Phillips, The Making of a Christian College: Caribbean Union College: 1927-1977 (Port of Spain, Trinidad: The College Press, 1977), 74.↩
  2. “Steelband,” Trinidad and Tobago Nalis: National Library and Information System Authority, accessed September 12, 2019, https://www.nalis.gov.tt/Resources/Subject-Guide/Steelband.↩
  3. Eric John Murray, A History of the Seventh-day Adventist Church in Trinidad and Tobago: 1891-1981 (Port of Spain, Trinidad: The College Press, 1982), 152.↩
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