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L’Église adventiste et la crémation

By 28 septembre 2019 octobre 10th, 2019 No Comments

La crémation est-elle une pratique à laquelle des chrétiens peuvent recourir lors des obsèques de leurs défunts ?

En réponse à cette interrogation, les adventistes ne se sont jamais positionnés sur la crémation parce que la compréhension qu’ils ont de la mort et de la résurrection ne rend pas la question importante. Le Dieu qui nous a créés est tout aussi capable de nous recréer tant à partir de cendres d’incinération que de la poussière résultant d’une lente décomposition. Toutes les choses organiques retournent à leurs éléments de base, la différence réelle étant seulement le temps que cela prendra. En fait, nous n’affirmons pas que, dans la résurrection, la nouvelle personne sera composée des mêmes atomes que ceux dont elle a été formée auparavant. Les atomes se dispersent et la restauration de la personne n’est pas une question de réassemblage d’atomes mais d’expression de la puissance créatrice de Dieu, quels que soient les atomes impliqués. Nous savons aussi que chaque personne vivante est un conduit pour l’entrée de nouveaux atomes et la dispersion d’anciens, de sorte que, dans une large mesure, toute personne sera composée en 10 ans d’un ensemble d’atomes presque entièrement différents. La personne demeure dans l’esprit de Dieu, et par Sa puissance créatrice, Il rétablira ce qu’Il veut, même un corps nouveau qui n’est pas touché par la puissance du péché.

Certains ont utilisé Amos 2:1 pour s’opposer à la pratique de la crémation. Le prophète déclare que Dieu est en colère contre Moab « parce qu’il a brûlé, calciné les os du roi d’Édom » (LSG) [« pour les réduire en chaux » (BDS)]. Le principal problème d’interprétation dans ce texte se trouve dans l’expression : « pour les réduire en chaux ». En hébreu, on le lit littéralement « chaux ». Le mot sid ne signifie pas « cendres » mais « chaux ». La chaux était utilisée pour enduire les murs et les pierres. Certains ont suggéré que dans ce cas particulier, les os ont été brûlés ou calcinés pour obtenir de la chaux. Quoi qu’il en soit, il est clair que Moab est condamné pour le traitement inhumain infligé à des restes humains.

Par conséquent, le prophète condamne un acte de haine et de châtiment  sévère entraînant la dévalorisation de la dignité humaine. Ce n’était pas ce qu’on appellerait une crémation. La crémation proprement dite pourrait être un acte pieux. Dans 1 Sam 31:11-13 décrit comment les Israélites « arrachèrent des murs de Beth Schan le cadavre de Saül et ceux de ses fils. Puis ils revinrent à Jabès, où ils les brûlèrent » (LSG). Il ne s’agissait pas d’un acte de vengeance, mais d’une façon appropriée de disposer de cadavres humains.

Il convient de reconnaître que pour certains, la question de l’inhumation plutôt que de l’incinération est importante. Ils soulignent que la crémation est un procédé courant dans des pays païens comme l’Inde et la Chine. En fait, ces pays largement surpeuplés ont longtemps été confrontés à l’occupation de terres fertiles rares par des cimetières, en imbriquant dans leur religion une tradition de brûlage, ce qui s’explique par le pouvoir purificateur du feu. Scientifiquement, se présente un avantage dans la prévention de l’infection. Le plus souvent, la mort est consécutive à une maladie grave, et dans la plupart des pays païens, la mort vient d’une maladie infectieuse et non des conditions dégénératives qui nous touchent en Occident. Bien sûr, nous ne nous intéressons absolument pas aux pratiques païennes pour elles-mêmes, mais si l’on se fie à notre compréhension du fonctionnement de Dieu, une dépouille brûlée ne poserait aucun problème. Il est vrai que dans la tradition juive, les morts étaient toujours enterrés, une coutume inscrite dans le droit canonique catholique et ainsi perpétuée dans la communauté chrétienne.

Aujourd’hui, environ la moitié de ceux qui meurent aux États-Unis sont incinérés, généralement en raison des frais peu élevés qui en découlent. La crémation ne représente que 10% du coût comparativement aux funérailles avec inhumation complète. En fin de compte, c’est souvent le dollar qui domine, surtout en l’absence d’opinions fermes.

À chacun est laissé le choix de se positionner selon ce que lui dicte conscience en la matière d’une part et pour les raisons évoquées ci-dessus d’autre part. L’Eglise adventiste ne se sent pas en mesure d’adopter une position ecclésiastique sur cette question.

Auteur : Dr. George W. Reid / ancien directeur de l’Institut de recherche biblique (Biblical Research Institute). Publié le 6 mai 1997 sur le site adventistbiblicalresearch.org.

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