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L’esclavage moderne – c’est plus vaste que vous ne le pensez

13 février 2020 | Binfield, Royaume-Uni [Helen Pearson] | TED

Photos : Asun Olivan.

Lorsque des articles sur la traite des êtres humains font la une des journaux, nous sommes tous choqués, Mais nous avons tendance à oublier. Le mardi 11 février, la conférence sur la diversité au Newbold College a donné un aperçu de l’esclavage caché et généralement ignoré qui se cache derrière les gros titres de la Grande-Bretagne moderne. Des centaines de milliers de vies sont gâchées, et la plupart d’entre nous sont complètement aveugles à ce sujet. Certains ont qualifié cette « cécité » de péché.

Suzette Jones dirige l’Initiative Clewer (une réponse de l’Église en Angleterre à l’esclavage et à la traite d’êtres humains). Au cours de sa conférence, elle a suggéré, pour mettre fin à l’esclavage, des outils qui existent déjà au sein de la communauté locale. Cependant, beaucoup d’entre nous doivent comprendre les formes différentes de l’esclavage moderne et ce,  afin de savoir ce qui manque à ces esclaves. Nous avons besoin d’apprendre un nouveau vocabulaire.

Trafic d’êtres humains

La pratique la plus courante est celle du trafic d’êtres humains. Elle consiste à extorquer des sommes d’argent exorbitantes à des personnes désespérées qui voyagent, parfois à travers des pays et des continents, à l’arrière d’un fourgon ou d’un conteneur, puis déposées dans une station-service d’autoroute, livrées à elles-mêmes pour trouver leur chemin. Certains ont des liens familiaux ou autres (ils disparaissent tous).

La traite est une relation à long terme basée uniquement sur la tromperie. C’est le cas des personnes vulnérables, à la recherche parfois d’un travail ou d’anciens bénéficiaires des banques alimentaires. Elles sont les cibles de fantastiques offres. On leur promet des sommes d’argent exorbitantes, tout en les préparant à être exploitées par des « patrons » qui peu à peu contrôlent tous les aspects de leur vie. Elles sont forcées de travailler dans le commerce du sexe ou dans d’autres « industries ».

Sans relâche, elles sont privées de leur liberté et si elles tentent de s’enfuir, elles sont suivies et menacées. Certaines ont même été mises sous sédatifs et ont été privées de leurs reins après de sauvages prélèvements par des bandes criminelles. Les victimes de la traite se retrouvent souvent dans des industries qui requièrent une main-d’œuvre bon marché : lave-autos, abattoirs, industrie alimentaire, clous, pavage, jardinage, agriculture, maisons closes permanentes et temporaires et, bien sûr, trafic de drogue.

Les frontières des comtés

Les « frontières des comtés » sont une forme spécifique de trafic où des jeunes, dont certains n’ont pas plus de 14 ans, se voient proposer des sommes d’argent de plus en plus importantes pour transporter des colis de cocaïne et d’autres drogues. Les victimes typiques des « frontières des comtés » sont des adolescents issus de quartiers urbains pauvres, qui dépendent du système de soins ou qui viennent d’en sortir ; ils sont sans abri et sans soutien familial. Certains d’entre eux se voient offrir le gîte et le logis qu’ils acceptent comme « monnaie d’échange » contre leurs activités de trafiquants de drogue.

« Les coucous »

« Les coucous » était, pour beaucoup dans l’auditoire, le nouvel élément de vocabulaire. Les trafiquants de drogue s’emparent de la maison d’une personne vulnérable qui être dans un besoin pécuniaire et, l’intimidation et diverses menaces auxquelles elle peut être soumise, la privent peu à peu de son bien immobilier et de sa liberté.

L’esclavage humain sous toutes ses formes est en augmentation, mais si souvent on ne le voit pas. Que pouvons-nous faire ? Les conseils de Suzette lors de la conférence et lors des questions-réponses qui ont suivi, furent celles-ci : Surtout, utilisez vos yeux, soyez attentifs aux personnes avec lesquelles vous traitez. Recherchez des chaînes d’approvisionnement transparentes dans les entreprises avec lesquelles vous traitez. Son conseil avisé répété était : « Si quelque chose ne vous semble pas correct, c’est probablement le cas ». Si quelque chose vous préoccupe, appelez la ligne d’assistance téléphonique sur l’esclavage moderne*.

Les chrétiens croient en un Dieu qui libère les gens, qui valorise la liberté et la justice. Suzette a conclu par une prière sur la liberté en ces termes : « Dieu Père de la Liberté qui nous conduit à la vie, délivre nous de tout mal et fait de nous des libérateurs des autres. Amen. »

Communications UFB

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