
31 mai 2026 | Dammarie-les-Lys, France – Gabriel Goléa, Pasteur, président de la commission théologique de l’UFB, rédacteur en chef de la revue Signes des temps, Revue Adventiste Juin 2026 | BIA-ANN
Penser Dieu, vivre la foi : enjeux et portée de la théologie
La théologie – entendue, selon son acception classique, comme disciplina ou scientia de Deo – n’a jamais cessé de susciter l’attention. Elle se situe, de manière constante, au cœur des préoccupations humaines, en fonction de la place que chacun choisit de lui accorder dans la réflexion personnelle, dans les différents échanges publics comme dans le cadre ecclésial.
Pour certains, la théologie apparaît comme une discipline d’accès difficile ; pour d’autres, elle n’est qu’un simple outil méthodologique, mobilisé en vue d’une tâche déterminée : l’analyse des textes selon des procédures rigoureuses, dans la recherche d’une compréhension des sources interprétées et l’identification des valeurs qui en émergent.
Une telle démarche suppose la mise en relation des écrits anciens relatifs à Dieu et à l’humanité avec les besoins de la foi contemporaine, ainsi que l’inscription de l’existence humaine dans la tension entre une origine perdue et une destinée eschatologique promise. Cette recherche assidue et sincère trouve une expression synthétique dans le projet de vie proposé par Jésus, formulé sous la forme d’une prière : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17.3)
Dans une perspective adventiste, cette tension ne relève pas d’une abstraction conceptuelle, mais d’une structure constitutive de la foi. La théologie s’y déploie dans l’horizon du grand conflit, articulant de manière dynamique création, chute, rédemption et restauration. Elle ne saurait dès lors être dissociée de l’attente du retour du Christ, ni de la compréhension prophétique de l’histoire, ni encore de l’appel à une fidélité concrète dans l’observance et dans le témoignage. En ce sens, la réflexion théologique participe d’une herméneutique de l’espérance, où l’Écriture est lue à la lumière de son accomplissement eschatologique, et où la vérité ne se limite pas à une formulation doctrinale, mais engage une transformation intégrale de la vie. La connaissance y est indissociable de la responsabilité : la lumière reçue appelle une réponse éthique et spirituelle.
Dans cette conception, marquée par le sacerdoce universel des croyants (1 Pierre 2.9) et par l’importance accordée à l’étude personnelle de l’Écriture, elle est originellement destinée à l’ensemble des fidèles (2 Timothée 3.16-17), selon des degrés différenciés, en fonction du temps investi, des compétences acquises et de la place qu’elle occupe dans la quête personnelle de sens et de vérité.
La théologie est accessible et nécessaire pour orienter les choix et structurer l’existence. Plusieurs initiatives méritent d’être mentionnées.
La Commission théologique de l’Union, constituée en 2011, a pour vocation de promouvoir l’étude et la pratique de la théologie ; elle rassemble des représentants des trois fédérations de l’Union, de la Fédération Suisse Romande & Tessin et de la Faculté adventiste de théologie de Collonges, et travaille actuellement à l’élaboration de fiches théologiques, dont la première porte sur la Trinité (voir pages 4 et 5).
La revue Signes des temps, l’un des plus anciens périodiques adventistes (fondé en 1874), constitue également un outil missionnaire majeur, mettant à disposition du grand public des réflexions théologiques accessibles.
Il convient également de souligner les apports de la Faculté de théologie de Collonges dans la formation des pasteurs, ainsi que, plus largement, les contributions des théologiens de l’espace francophone, dont les travaux sont régulièrement relayés par la Revue adventiste.
En conclusion, parce qu’elle est enracinée dans la révélation biblique, éclairée par la compréhension prophétique et orientée vers l’accomplissement final, la théologie a vocation à former un discernement spirituel capable d’articuler fidélité doctrinale et engagement pratique. Ainsi comprise, elle ne se contente pas de penser le rapport entre le ciel et la terre : elle participe activement à leur réconciliation, en appelant les êtres humains à vivre dès à présent dans la perspective du Royaume à venir, en relation avec leur Créateur et Sauveur.
EDITO – Revue Adventiste – Juin 2026
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Philippe Leduc
Rédacteur en chef et éditeur
